Avocat fiscaliste pour influenceurs et créateurs de contenus à Dubaï : résidence fiscale, exit tax et revenus français.
Mis à jour le 24 mars 2026. Temps de lecture 8 mn.
De nombreux influenceurs et créateurs de contenus français se sont installés à Dubaï. D’autres envisagent de le faire. Le cadre fiscal attractif offert par les Emirats arabes unis, caractérisé par l’absence d’impôt sur le revenu et la mise en place récente d’un impôt sur les sociétés, explique cette tendance. Cette réalité n’a pas échappé à l’administration fiscale française, qui accentue ses contrôles.
L’illusion du transfert de résidence fiscale hors de France
Le transfert de résidence ne se limite pas à un simple déménagement aux Emirats arabes unis (“EAU”). Il est apprécié en fonction de critères précis posés par l’article 4 B du Code général des impôts. Un contribuable est considéré comme ayant son domicile fiscal en France lorsque l’un des critères suivants est rempli : foyer ou lieu de séjour principal en France, exercice d’une activité professionnelle principale en France ou centre des intérêts économiques en France.
Il suffit que l’un de ces critères soit rempli pour être considéré comme résident fiscal français et soumis à l’impôt en France sur l’ensemble des revenus.
Les pièges classiques de l’influenceur à Dubaï
Le transfert de résidence à Dubaï suppose en pratique d’y fixer sa vie professionnelle et familiale. Les situations suivantes peuvent justifier des contrôles :
l’influenceur dispose d’un permis de séjour à Dubaï mais ses partenariats sont conclus avec des annonceurs français, son audience est majoritairement française et ses contenus sont tournés principalement en France ;
l’influenceur a conservé un logement en France (propriétaire ou locataire) où il y séjourne avec sa famille régulièrement ;
les principaux revenus proviennent de plateformes françaises ou de marques françaises;
absence de vie professionnelle et sociale réelle aux EAU. L’influenceur n’a ni contrat local, ni compte bancaire actif, ni aucune preuve de présence continue.
L’administration fiscale peut considérer dans ces hypothèses que le domicile fiscal est resté en France. Elle peut s’aider pour cela des données publiques issues des réseaux sociaux (Instragram, Tiktok) de l’influenceur pour détecter des incohérences (train de vie, activités non déclarées) et déclencher des contrôles fiscaux .
Exemple concret : un influenceur mode installé à Dubaï mais qui revient régulièrement en France pour des shootings, des événements de marque et des collaborations avec des agences parisiennes peut être considéré comme exerçant son activité professionnelle principale en France. Résultat : imposition sur l'intégralité de ses revenus en France.
Des revenus de source française peuvent rester imposables en France
Dans l’hypothèse où le domicile fiscal est effectivement transféré aux Emirats arabes unis, certains revenus peuvent rester soumis à l’impôt en France.
La convention fiscale entre la France et les EAU ne fait pas obstacle à ces situations. Des revenus de source française (partenariats avec des marques françaises, revenus versés par des sociétés françaises) peuvent être imposés en France, notamment lorsque l’activité est exercée sur le territoire français ou lorsqu’un établissement stable y est caractérisé.
Dans le cas particulier où l’influenceur exerce son activité depuis la France via une société établie aux Emirats arabes unis, le risque de taxation à l’impôt en France est réel.
L’exit tax : un impôt au départ souvent oublié
Si un influenceur exerce son activité en société (SASU) et/ou détient des participations dans des sociétés au moment du départ, il est potentiellement soumis à l’exit tax. Il s’agit d’un impôt calculé sur les plus-values latentes à la date du transfert de résidence. Ce mécanisme, prévu à l’article 167 bis du CGI, peut constituer un montant significatif pour un créateur de contenus qui a structuré son activité en société (taux applicable de 31,4 %).
Exemple concret: pour un influenceur détenant 100 % d'une SASU valorisée à 500 000 €, avec un prix de revient de 1 000 €, la plus-value latente est de 499 000 €. L'exit tax due s’élève à 156 686 €. Ce montant doit être anticipé bien avant le départ.
Comment sécuriser un transfert de résidence effectif à l’étranger
Un transfert de résidence effectif repose sur un ensemble d’éléments : rupture des attaches professionnelles en France, présence physique effective aux EAU, attaches sociales et familiales aux EAU, transferts des contrats avec les annonceurs français.
Si l’influenceur exerce son activité en société, il peut être envisagé de restructurer son activité. Les questions de l’exit tax et du sursis de paiement devront être anticipées (notamment pour solliciter le sursis de paiement et fournir des garanties). La résidence fiscale doit être analysée au regard des critères français et des stipulations de la convention fiscale France-EAU.
Un accompagnement par un avocat fiscaliste pourra vous conseiller et vous accompagner sur ces enjeux.
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Réorganisation de l'activité d’un créateur de contenu avant transfert de résidence
Un créateur de contenu envisageait de s'installer aux Emirats Arabes unis tout en conservant sa société française, des contrats de marque en cours et des revenus issus de la monétisation de ses contenus. Sa situation soulevait plusieurs questions : la qualification fiscale des contreparties reçues des annonceurs (numéraires et avantages en nature), la détermination de sa résidence fiscale, la résidence fiscale de la structure française après son départ, et le traitement des revenus de source française qu’il recevrait au regard de la convention fiscale franco-émirienne.
Le cabinet l'a accompagné dans l'analyse de sa résidence fiscale, la réorganisation de son activité avant le transfert et l’accomplissement des obligations déclaratives.
Yassine Oudanane
Avocat fiscaliste — Cabinet Oudanane
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