Fiscalité MYM : comment déclarer vos revenus en France sans erreur
Mis à jour le 2 avril 2026. Temps de lecture : 7 mn
Vous avez perçu des revenus sur MYM et vous devez les déclarer. En apparence, le sujet semble simple. En pratique, les erreurs viennent d'une mauvaise compréhension de ce qu'il faut déclarer, de la catégorie fiscale à retenir et du traitement exact des flux perçus via la plateforme.
Cette page expose les règles applicables et les points qui méritent une vérification particulière, en fonction de votre situation.
Ce que l'administration fiscale sait déjà
Depuis le 1er janvier 2023, les opérateurs de plateforme sont tenus de transmettre automatiquement à l'administration fiscale le montant des revenus versés à leurs utilisateurs (articles 1649 ter A à 1649 ter E du CGI).
Concrètement, l'administration dispose chaque année d'un état des sommes que MYM vous a versées par catégorie d'opération et avec les coordonnées du compte bancaire sur lequel les fonds ont été reçus.
Ce point mérite d'être rappelé, car il est parfois sous-estimé par les créateurs qui considèrent que leurs revenus de plateforme ne peuvent être connus de l’administration fiscale.
Quels revenus MYM doivent être déclarés ?
Tous les revenus perçus sur MYM doivent être déclarés. L'article 12 du CGI soumet à l’impôt les revenus dont le contribuable dispose au cours de l'année. L'article 13 précise que ce revenu inclut la valeur des profits et avantages en nature.
Les flux les plus courants sont les suivants :
Yassine Oudanane
Avocat fiscaliste — Cabinet Oudanane, Aix-en-Provence
Fiscalité des influenceurs et créateurs de contenus
Conseil sur l’organisation de l’activité et la fiscalité
| Type de revenu | Imposable ? |
|---|---|
| Abonnements payants | Oui, dès le 1er euro |
| Pourboires (tips) | Oui, recette professionnelle |
| Ventes de contenus à la carte | Oui |
| Messages privés payants | Oui |
| Partenariats et collaborations | Oui |
| Ventes de produits physiques | Oui |
S’agissant précisément des pourboires : de nombreux créateurs considèrent à tort ces sommes comme des dons spontanés, sans incidence fiscale. Lorsqu'ils sont perçus dans le cadre de votre activité sur la plateforme, ce qui est généralement le cas, ils constituent des recettes imposables au même titre que vos autres revenus.
BNC ou BIC : quelle catégorie fiscale retenir ?
Dans la majorité des situations, les revenus d'un créateur MYM (publication de photos ou vidéos exclusives, messages privés) relèvent des bénéfices non commerciaux, lorsqu'ils rémunèrent une activité personnelle de création de contenu, d'image ou de prestation individualisée. Ce rattachement découle de l'article 92, 1 du CGI, qui vise les sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie.
Il convient toutefois d'éviter les automatismes. Une activité qui inclut des ventes de produits physiques (merchandising, goodies) relève pour cette partie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Dans le cas où le créateur exerce les deux types d’activités, une ventilation des recettes par catégorie est nécessaire. Les deux régimes peuvent s'appliquer simultanément.
Ce point conditionne directement la manière de déclarer, le régime fiscal applicable et la possibilité de déduire certaines charges.
Que faut-il réellement déclarer : le brut ou le net versé ?
Il faut distinguer le montant reçu sur votre compte bancaire et le montant de revenus sur lequel l’impôt est calculé qui ne se confondent pas. La base à retenir pour votre déclaration dépend du régime fiscal applicable :
Régime de la micro-entreprise : vous déclarez le chiffre d'affaires brut, c'est-à-dire le montant total des transactions avant déduction de la commission de la plateforme. L'abattement forfaitaire de 34 % appliqué par l'administration est précisément destiné à couvrir vos charges, dont ces frais de plateforme. Vous ne pouvez pas déduire la commission en plus de l'abattement.
Régime de la déclaration contrôlée (BNC au réel) : vous déclarez vos recettes brutes et vous déduisez vos charges réelles, dont la commission de MYM à titre de frais professionnels. Le bénéfice imposable est donc le net après déduction.
La confusion entre ces deux logiques est fréquente et peut conduire à déclarer une base inexacte (à la baisse ou à la hausse). Il est donc important de vérifier, avant de remplir votre déclaration, quel est le montant à déclarer au regard de votre régime.
Comment déclarer concrètement ses revenus MYM ?
Régime micro-entreprise
Vous reportez votre chiffre d'affaires annuel brut sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, rubrique « Revenus non commerciaux professionnels — régime micro ». L'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % pour déterminer votre bénéfice imposable. Aucune déclaration de charges séparée n'est requise.
Régime de la déclaration contrôlée
Vous déposez une déclaration n° 2035 récapitulant vos recettes et charges réelles auprès du service des impôts des entreprises. Le bénéfice net est ensuite reporté sur la 2042-C-PRO. Ce régime est obligatoire au-delà de 77 700 € de recettes annuelles, et peut être choisi par option en dessous de ce seuil, notamment lorsque les charges réelles excèdent l'abattement forfaitaire de 34 %.
Exercice via une société soumise à l'IS
La société dépose une déclaration de résultats (formulaire 2065). Votre déclaration de revenus intègre la rémunération de dirigeant que vous vous versez, selon les modalités retenues pour votre rémunération. Les éventuels dividendes distribués relèvent des revenus de capitaux mobiliers.
TVA : à partir de quand devient-elle un sujet ?
La TVA est indépendante de l'impôt sur le revenu. Elle s'applique dès lors que vous dépassez certains seuils de chiffre d'affaires, quelle que soit la catégorie fiscale de vos revenus évoquée ci-avant.
Pour les prestations de services (catégorie dans laquelle entrent la plupart des revenus MYM), les seuils applicables en 2026 sont les suivants :
Chiffre d’affaires annuel inférieur à 37 500 € : franchise en base de TVA. Aucune TVA à facturer ni à reverser (art. 293 B du CGI)
Chiffre d’affaires compris entre 37 500 € et 41 250 € : franchise maintenue pour l'année en cours, assujettissement à la TVA à compter du 1er janvier de l'année suivante
Au-delà de 41 250 € : assujettissement immédiat, à compter du jour du dépassement
La situation du créateur dépend de son niveau de chiffre d'affaires, de son statut et de la nature exacte des flux concernés. Une analyse précise s'impose dès lors que vous approchez des seuils ou que vous cumulez plusieurs sources de revenus (par exemple lorsque le créateur est actif sur d’autres plateformes comme OnlyFans, Twitch, YouTube).
Si vous avez encaissé des revenus sans cadre clair
De nombreux créateurs commencent à monétiser leur audience avant même d'avoir structuré leur situation juridique et fiscale. Par exemple, ils ne se sont pas immatriculés ou alors ils ont appliqué un régime fiscal inadapté, voire ils ont déclaré des montants erronés.
Une régularisation spontanée reste possible et même préférable. Elle permet généralement de limiter les pénalités applicables, en fonction du dossier et de l’appréciation faite par l’administration fiscale.
Sécuriser votre situation fiscale revenus MYM
En cas de doute sur la manière de déclarer vos revenus MYM, sur la base à retenir, sur votre régime fiscal, il est généralement plus simple de faire le point avant la déclaration que d'avoir à corriger après.
En tant qu'avocat fiscaliste spécialisé dans la fiscalité des créateurs de contenu, j'accompagne les créateurs MYM pour qualifier correctement leurs revenus, vérifier la cohérence de leur régime, identifier leur situation TVA, notamment en cas d'activité multi-plateformes, et, si nécessaire, régulariser une situation passée dans les meilleures conditions. Je les accompagne également sur les formalités liées à la déclaration de revenus.
Vous vous posez des questions sur le traitement fiscal de vos revenus. Contactez le cabinet.
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Questions fréquentes
Dois-je déclarer mes revenus MYM même s’ils sont faibles par rapport à mon activité salariée ?
Il n'existe pas de franchise d'impôt sur le revenu en fonction du montant perçu. Dès lors que vous exercez une activité réelle et répétée sur la plateforme, les sommes encaissées sont en principe imposables, quelle que soit leur importance. La question du régime applicable, et donc du formalisme déclaratif, dépend en revanche du niveau de vos recettes.
Sur quel formulaire dois-je déclarer mes revenus MYM ?
Dans le cadre du régime micro-entreprise, vos recettes brutes sont à reporter sur la déclaration 2042-C-PRO, rubrique « Revenus non commerciaux professionnels — régime micro ». Dans le cadre du régime de la déclaration contrôlée, vous déposez préalablement une déclaration 2035, dont le résultat est ensuite reporté sur votre déclaration de revenus.
Dois-je déclarer le montant brut ou le montant reçu après commission MYM ?
En micro-entreprise, la base à déclarer est le chiffre d'affaires brut, avant déduction de la commission de la plateforme. L'abattement forfaitaire de 34 % est destiné à couvrir vos charges, dont ces frais. En déclaration contrôlée, vous déclarez vos recettes brutes et déduisez vos charges réelles, commission incluse.
Mes revenus MYM sont-ils soumis à la TVA ?
Pas nécessairement. Tant que votre chiffre d'affaires annuel reste en dessous de 37 500 €, la franchise en base de TVA s'applique et vous dispense de toute déclaration à ce titre. Au-delà, vous entrez dans le champ de la TVA, avec des obligations déclaratives et de paiement de la TVA. Si vous cumulez plusieurs sources de revenus, c'est l'ensemble qui est pris en compte pour l'appréciation des seuils.
L'administration fiscale peut-elle connaître mes revenus MYM en l’absence de tout contrôle fiscal ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2023, les plateformes transmettent automatiquement à l'administration fiscale le montant des revenus versés à leurs utilisateurs, en application de la directive DAC7 (art. 1649 ter A à 1649 ter E du CGI). L'administration dispose donc chaque année d'un état de vos encaissements, sans qu'un contrôle formel soit nécessaire.
J'ai des revenus sur plusieurs plateformes. Est-ce que ça change quelque chose ?
Oui, sur plusieurs points. L'ensemble de vos revenus doit être appréhendé globalement pour apprécier les seuils TVA, la cohérence du régime choisi et la qualification des recettes. Une activité dispersée entre plusieurs plateformes peut former un ensemble économique cohérent qu'il convient de traiter comme tel, notamment si des règles différentes s'appliquent selon les plateformes. Cette situation peut également justifier une réflexion sur la structuration de l'activité (par exemple en mettant en place une holding).

